Manger végétal : bénéfices et angles morts
Pilier Fondations nutrition
De plus en plus de gens réduisent leur consommation de produits animaux — par souci de santé, d'environnement ou d'éthique. Mais « manger végétal » couvre un large éventail de pratiques, et les bénéfices comme les pièges dépendent beaucoup de la façon dont on s'y prend.
Un éventail, pas un seul régime
Le terme regroupe plusieurs approches : le flexitarien (surtout végétal, avec de la viande à l'occasion), le pescatarien (poisson permis), le lacto-ovo-végétarien (œufs et produits laitiers, sans chair animale) et le végétalien (aucun produit animal). Plus le régime est restrictif, plus la planification compte.
De réels bénéfices pour la santé
Les données sont solides : une alimentation végétale bien menée est associée à un risque réduit de cardiopathie ischémique, de diabète de type 2, d'hypertension, de certains cancers et d'obésité, ainsi qu'à une mortalité globale plus faible. Elle est aussi plus durable sur le plan environnemental. Selon la position de l'Academy of Nutrition and Dietetics, des régimes végétariens et végétaliens bien planifiés sont sains et adéquats à toutes les étapes de la vie, y compris pour les sportifs.
La qualité prime
Attention toutefois : ces bénéfices viennent des aliments végétaux de qualité — grains entiers, légumineuses, fruits, légumes, noix. Une alimentation « végétale » bâtie sur des produits ultra-transformés, des sucres et des simili-viandes raffinées n'est pas plus saine qu'une alimentation omnivore de mauvaise qualité. Végétal ne veut pas automatiquement dire santé.
Les nutriments à surveiller
Quelques nutriments demandent une vigilance particulière, surtout dans les formes strictes :
Vitamine B12 : absente des aliments végétaux, sa supplémentation est obligatoire pour les végétaliens. Une carence est liée à l'anémie et à des atteintes neurologiques.
Fer : le fer végétal (non héminique) s'absorbe moins bien; l'associer à une source de vitamine C en améliore l'absorption.
Oméga-3 (EPA/DHA), calcium et vitamine D : à surveiller, avec au besoin des aliments enrichis ou un supplément d'algues pour le DHA.
À noter aussi : les études montrent une densité osseuse plus faible chez les végétaliens, et un risque de fracture accru — une raison de plus de bien planifier l'apport en calcium et en vitamine D.
Pour qui s'entraîne
Une alimentation végétale bien planifiée peut combler les besoins des sportifs, du loisir à l'élite — les données ne montrent ni avantage ni désavantage net sur la performance. Les points d'attention : viser un apport protéique suffisant (1,2 à 1,7 g/kg par jour) en variant les sources (soya, légumineuses, noix, graines, quinoa) pour couvrir tous les acides aminés; surveiller le fer (surtout en endurance et chez les femmes); et, pour la créatine, un supplément peut être utile puisqu'elle est rare dans les aliments végétaux.
Pour le détail des nutriments concernés, voyez notre article sur les micronutriments.
En somme, bien planifiée et fondée sur des aliments peu transformés, une alimentation végétale est sûre et bénéfique. Pour adopter un régime restrictif sans carence — surtout si l'on s'entraîne sérieusement —, l'accompagnement d'une diététiste-nutritionniste est précieux.
Références
Melina V, Craig W, Levin S. « Position of the Academy of Nutrition and Dietetics: Vegetarian Diets. » J Acad Nutr Diet. 2016;116(12):1970-1980.
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Cet article est fourni à titre éducatif et ne constitue pas un avis médical. Pour toute condition de santé, consultez un médecin avant de commencer à vous entraîner.